Chanter pour se reconnecter.

Laura Linde-Doiseau a été missionnée en 2018 par le Cepravoi pour animer un atelier de chant en direction du personnel de l’Université de Tours. Pour elle, chanter va  au-delà d’une activité artistique collective. Le chant permet de se reconnecter, de prendre confiance. Depuis quelque temps, la chorale d’entreprise a le vent en poupe et les participants sont unanimes : ils ne pourraient plus s’en passer.

Rencontre avec Laura Linde-Doiseau .

A qui s’adressait cet atelier de l’université ?

Il s’adressait au personnel de l’Université : enseignants, personnels des services administratifs, de l’entretien… On a pas besoin de savoir qui fait quoi pour chanter ensemble. Il n’y a pas de pré-requis : la chorale s’adresse à ceux qui aiment chanter à tue-tête dans leur voiture ou sous la douche. La plupart des gens disent qu’ils chantent faux, mais qu’ils aiment chanter.

A quoi cela sert-t-il de chanter ensemble ?

Cela permet dans un premier temps de se rencontrer. La fac est éclatée sur plusieurs sites éloignés les uns des autres.

Chanter sert à déconstruire des choses inscrites depuis longtemps, comme la certitude de chanter faux. Il y a une étude à faire sur le sujet… J’ai commencé la séance par un cercle d’intention : on se met en cercle et ceux qui pensent chanter faux, font un pas en avant. Quinze personnes sur vingt-cinq ont avancé, et pourtant, lorsque nous avons commencé à chanter, ça a matché tout de suite !

Chanter en chœur, c’est changer sa relation au corps, c’est se faire confiance, être en lien, monter des projets, se détendre, et être fier de soi… ça va très au-delà d’une activité artistique. C’est une expérience humaine collective très forte.

Quel répertoire abordez-vous ?

On a travaillé deux morceaux, Tombé du ciel de Jacques Higelin, un morceau que la plupart des membres du groupe connaissait et l’arrangement de Grete Pedersen d’une mélodie populaire norvégienne, une musique contemporaine vers laquelle le groupe ne serait pas allé spontanément et que j’avais chanté avec le chœur Mikrokosmos. Dans un premier temps, ils ont trouvé la pièce difficile et inabordable et finalement, ils ont pris beaucoup de plaisir à la chanter. Ils étaient très fiers et prêt à retenter l’aventure.

Quel est votre parcours ?

Je suis ingénieur en urbanisme environnemental … et chanteuse. J’accompagnais des familles en milieu rural dans des projets citoyens, qui intégraient aussi bien l’écologie que la communication non violente. La naissance de ma fille et la rencontre avec Merel Martens m’ont permis de tout remettre à plat. J’étais sûre d’une chose : ce qui a vraiment du sens dans ma vie, c’est de chanter et de faire chanter, d’aborder le chant comme une source de bien-être et de connexion à soi et aux autres.

J’ai réalisé que je chantais depuis vingt-trois ans. D’abord au conservatoire de Tours, onze ans dans le chœur Mikrokosmos, dirigé par Loïc Pierre, puis chez les Keystones, dirigé par Gaël Sérandour.

Quels sont vos projets ?

Le Cepravoi m’a engagée pour animer des ateliers à la fac, puis à l’école de commerce de Tours. Je me suis installée en auto entreprise pour mener d’autres projets : coaching de chœurs adultes et enfants, chorales d’entreprise et projets autour du handicap et des séniors. Je donne également des cours de chant individuels. Je suis coachée par Myriam de Aranjo et j’ai suivi une formation en art thérapie, qui avait pour axe principal, une réflexion sur l’art comme accompagnement des patients, ce qui m’a amené à travailler avec des séniors : ce fut un véritable coup de foudre !

Il y a beaucoup de choses à faire et cette nouvelle voie professionnelle m’enthousiasme.

Contacter Laura

Sandrine du Service Recettes et Myriam du GICC (Groupe Innovation et Ciblage Cellulaire) participent à l’atelier vocal de l’université.

Toutes les deux ont une expérience décevante du chant choral qui remonte à l’adolescence et avaient envie de retenter l’aventure. Ce qui les a décidées ? L’invitation était claire : pas besoin de savoir chanter et la manière très « décomplexante » de Laura d’aborder le chant, le rythme, la musique, « une prof vraiment top », a fini de les séduire.

Elles aiment chanter (ou plutôt « chantonner »), parce que ça détend, parce que ça permet de travailler sa respiration, sa voix et sa mémoire.

« Lorsqu’on commence le cours avec Laura, on entre dans « le sas de décompression ». C’est un exercice qui nous permet de souffler, d’oublier les tracas pour se concentrer sur le cours. Le chant et les exercices de Laura m’apportent beaucoup de détente, physique et mentale, c’est un moment convivial. Sur le plan physique, nous apprenons aussi à mieux nous tenir pour pouvoir faire passer l’air convenablement. Sur le plan mental, je trouve que chanter est très stimulant. Nous sommes obligés de travailler le rythme, ce qui n’est pas forcément un exercice évident. » explique Myriam.

Indéniablement, chacune éprouve bien-être et apaisement après chaque séance. « Cela permet de relâcher la pression du travail, mais aussi d’apprendre à mieux se connaitre. Oser lâcher la voix, ça libère. »

Sans aucune hésitation, toutes les deux réitèrent pour une année.

 

 

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