Le gospel fait le lien entre toutes les musiques !

© Delphine Baritaux

Le lâcher prise, la confiance, l’énergie… facile à dire mais comment ça marche ? Comment fait-on pour ressentir le groove, cette onde magique que l’on éprouve profondément dans le corps et qui est si difficile à décrire.

Rencontre avec Denis THUILLIER, qui co-animera avec Mathieu Le Nestour, le stage Gospel & Groove Meeting, le 12 octobre 2019 à Romorantin-Lanthenay (41)

  • Comment faites-vous pour embarquer votre public ?
  • Je ne sais pas vraiment. Peut être parce que je suis jovial, souriant, bonhomme et que j’aime les gens et du coup, ils chantent avec moi. En tout cas, ça marche ! Et plus ça marche, mieux ça marche ! Je mets les gens en confiance. J’aime profondément ce que je fais, j’aime faire chanter, pour moi, c’est la base.  

 

  • Depuis quand chantez-vous ?
  • Je chante depuis que je suis petit, la chorale est mon milieu naturel. J’ai découvert  la musique gospel à vingt ans. Pendant cinq ans, j’ai  traversé l’atlantique pour me rendre à New-York (38 fois, j’ai  compté !) et chaque fois, j’ai retrouvé dans les églises de Harlem, cet incroyable frisson que j’avais ressenti la première fois que j’ai entendu une chorale gospel. Une révélation !

 

  • Pouvez vous parler de cette révélation ?
  • J’étais le seul blanc et on m’a accueilli les bras ouverts et le sourire aux lèvres. C’était incroyable. Je ne suis pas sûr que l’inverse fût possible ! Il y avait une énergie de dingue. Il se dégage des chants gospel, une joie, une force, un espoir bouleversant. Coupés de leurs racines, les esclaves africains arrivés en Amérique doivent réinventer des liens communautaires. Le gospel est une révolte musicale et un espoir dans une Amérique raciste.

 

  • Pouvez-vous nous dire pourquoi le gospel est une musique qui touche autant ?
  • Le gospel est une musique simple dans son expression chorale, on peut chanter du gospel partout dans le monde. Ce n’est pas le cas de toutes les musiques. Poulenc par exemple, un compositeur que j’adore, est inaudible en Chine : ils n’ont pas les clés.
    Toutes les musiques sont complémentaires : ce qu’on acquiert sur un plateau avec le gospel – la joie, le rythme et la pulsation – on va pouvoir s’en servir pour chanter Mozart ou Bach. C’est la même chose. 

 

  • Qu’en est-il des chorales aujourd’hui, vous qui travaillez au plus près d’elles ?
  • Les chorales expriment le désir d’explorer d’autres musiques : musiques de film, chants africains… je suis de plus en plus sollicité pour embarquer les choristes dans d’autres aventures. Cette évolution se fait tout doucement … mais elle se fait.

 

  • Depuis quand travaillez-vous avec Mathieu Le Nestour ?
  • Avec Mathieu, on fait de la musique ensemble depuis 25 ans. J’avais vingt ans lorsqu’il est venu rejoindre la chorale que je dirigeais. Très vite, il a accompagné la chorale, c’est un musicien incroyable. Depuis nous ne nous sommes plus quittés, nous vivons à cent mètres l’un de l’autre et nos familles respectives sont amies.

 

  • Question bête : A quoi ça sert de chanter ?
  • Bien que notre époque soit l’une des plus sûres de l’histoire, les gens sont stressés. Le chant choral, c’est le meilleur anti stress qui soit. Envoyer de bonnes ondes, dans le corps, le cœur et la tête, c’est mon métier. J’ai une chance inouïe de faire un si beau métier.

 

 

 

 

 

 

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