3000 voix chantent en chœur sur le net

EW-Virtual-Choir

Avec son projet Virtual Choir, Witacre a rassemblé près de 3.000 voix pour constituer une chorale virtuelle sans précédent…

Si vous avez été traumatisés par le film Les Choristes, un homme peut vous réconcilier avec la discipline: Eric Whitacre. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le compositeur, chef d’orchestre et de chœur, est une rock star. Couronné aux Grammys, il a dirigé les plus grands musiciens et chanteurs actuels. Surtout, son projet Virtual Choir fait chanter le Web comme personne avant lui. L’union n’avait jamais autant fait la force.

Pour sa 3e offrande, Whitacre a rassemblé près de 3.000 chanteurs, provenant de 73 pays. «Il suffit d’une webcam pour participer», a til expliqué au journal 20 Minutes. Les chanteurs en herbe reçoivent une partition et les directions de Whitacre en vidéo. Ils peuvent répéter autant que nécessaire et envoient leur enregistrement. Ensuite, des ingénieurs du son égalisent et nettoient chaque piste. Le résultat: Water Nightextrait de l’album du même nom.

«La plupart des chanteurs ont une certaine expérience du chant choral, mais il y a de complets néophytes. On n’a jamais écarté personne, sauf pour des problèmes techniques à l’enregistrement. L’avantage, c’est qu’avec 3.000 voix, si une ou deux ne sont pas parfaitement justes, la mélodie prend le dessus. C’est la beauté d’un chœur», souligne Whitacre.

Des cours de chant par webcam

Pour réaliser ce projet, il a complètement exploité l’aspect «social» du Web. Il explique: «Grâce aux hangouts Google+ (vidéo-conférence groupée, ndr), nous avions des professeurs de chant qui ont pu donner des leçons. Des chanteurs ont répété ensemble. L’achèvement musical est presque secondaire. Ce qui est magique, c’est le lien que les participants ont tissé, l’impression de faire partie de quelque chose de plus grand que soi.»

Les mauvaises langues disent que Whitacre bénéficie d’une promo gratuite pour le reste de ses compositions sans rémunérer les internautes. Le premier Virtual Choir a été vu plus de 3 millions de fois sur YouTube.

L’artiste comprend les critiques mais se défend: «Réaliser Virtual Choir coûte cher. J’investis personnellement dans le projet. On n’est vraiment pas là pour l’argent mais pour l’expérience collective.» Selon lui, le projet devrait bénéficier d’une seconde vie, notamment dans des musées, pour «une expérience visuelle et sonore».

A quand une expérience en direct? «On en n’est pas encore là. Il faut que les débits Internet soit plus uniformes, avec une latence minimale, pour assurer une synchronisation parfaite», explique-t-il. Et conclut: «Mais diriger plusieurs milliers de voix provenant du monde entier, sur un morceau comme L’Hymne à la joie de Beethoven, depuis la gare de Grand Centrale à New York, via mon iPhone, ça serait quelque chose…»

Propose recueillis par Philippe Berry pour le journal 20 minutes.

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