À la recherche de la vibration du chœur des hommes

Les 7 et 8 juin, le pianiste et chef de chœur Tanguy Bouvet proposera un stage autour du répertoire de voix d’hommes. Événement assez rare dans le paysage du chant choral, il sera l’occasion pour les choristes de découvrir de nouvelles sonorités. En attendant, il nous raconte la grande curiosité qui a orienté son parcours et les expériences marquantes qui l’ont conduit à proposer ce stage.

Enfant, il grandit dans une famille de musiciens amateurs et professionnels : un environnement qui l’amène à commencer la musique très tôt. « J’étais un peu boulimique de musique ! J’ai pris des cours particuliers pour apprendre le violon, le piano, la batterie, la guitare… Finalement, seul le piano est resté. »  Après l’obtention du bac, il effectue des études de musicologie à l’Université de Tours et s’oriente vers le Conservatoire en tant que pianiste. C’est à la fac qu’il découvre la pratique du chant choral. Il fait ses premiers pas avec le chœur des étudiants et ne s’arrêtera plus, rejoignant plusieurs ensembles en tant que choriste dans différents styles. « Je me suis orienté petit à petit vers la musique vocale, j’ai commencé la direction de chœur à Tours, Paris puis Lyon où j’ai obtenu un Master de Direction de Chœurs au CNSMD en 2017. »

Tanguy possède donc une formation classique complète et solide, constamment enrichie grâce à l’exploration de nouveaux styles. « Jazz vocal barbershop, musique de variété, gospel, musique du monde… Je n’ai jamais cessé de picorer partout, d’aller chercher d’autres choses. Et grâce à la direction de nombreux chœurs amateurs, je me suis passionné par l’arrangement vocal. Je souhaitais pouvoir faire chanter tous types de musique aux chœurs amateurs et notamment la variété française et internationale. » C’est certainement cette soif de découverte insatiable qui l’a conduit aujourd’hui à être, parmi d’autres riches projets, coach vocal pour les productions musicales de Disneyland Paris.

Mais revenons à notre chœur d’hommes. Le lien qu’il entretient avec ce répertoire lui vient de deux expériences fondatrices. La première est la découverte du barbershop – jazz vocal traditionnel américain – lorsqu’il est étudiant. Il est séduit par la force de cette musique a cappella en voix d’hommes, par ce mélange des voix et des timbres et surtout par la close harmony. « C’est une technique dans laquelle les voix sont très proches les unes des autres, ça crée des vibrations vraiment particulières. » La deuxième expérience lui vient de moments forts vécus dans des chœurs plus classiques. « Je pense au Psaume 43 de Mendelssohn chanté à la fac, à ce passage fait uniquement de voix d’hommes qui sonnait un peu comme un quatuor de trombones. C’était chaleureux et puissant, c’était mon passage préféré. J’ai aussi des souvenirs inoubliables de la sonorité si particulière des 4 voix d’hommes, dans le Chant des esprits sur les eaux de Schubert. »

Crédit photo : Jacques Pouillet – Chœur d’hommes de la Villette

S’il assure ne pas avoir de préférence pour les chœurs d’hommes comparés aux mixtes, ce sont en tout cas les premiers qui lui ont permis de vivre ces émotions aussi fortes qu’intéressantes dans cette situation de close harmony.

C’est d’ailleurs son objectif pour le stage : faire ressentir aux choristes ce plaisir de chanter en voix proches, alors que les voix d’hommes sont normalement espacées dans l’expérience du chœur mixte. « J’aimerais partager avec eux ce plaisir, cette sensation d’avoir des voix similaires qui se rapprochent et créent à la fois des moments de frottement intense et des harmonies consonantes ! » Et pour parfaire le cadre éclectique de ce stage, à l’image de son intervenant, le répertoire sera abordé à partir de styles musicaux très différents et dans des langues variées. Dans une ambiance de travail dynamique et conviviale (souvent autour du piano), le travail sera axé sur l’oralité et la répétition. « Notre principal défi sera de réussir à s’accorder dans ces polyphonies à 3 ou 4 voix d’hommes, de trouver sa voix et de faire sonner cette musique… » On l’aura compris, le but n’est pas la restitution de quelque chose de fini, mais bien l’exploration !

Un article d’Anaïs Andos pour le Cepravoix

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