NDIMA : le chant des pygmées Aka

Le 15 octobre, le Cepravoi organise un stage unique en proposant une découverte des chants Pygmées Aka. Grâce à l’intermédiaire de Sorel Eta, chercheur ethnologue, créateur du groupe Ndima et auteur du livre « L’Université de la forêt, avec les Pygmées Aka » paru le 21 septembre dernier, la culture Pygmée Aka vient à notre rencontre et promet un moment passionnant !

L’histoire commence en 1996 : Sorel Eta est congolais de Brazzaville, il a 22 ans et se rend chez son oncle à Impfondo pour trouver du travail. Dans cette ville proche de la Centrafrique, au nord de la République du Congo, il fait une rencontre qui va définitivement modifier l’itinéraire de sa vie ; celle des pygmées Aka. Lui est un Bantou, il fait donc partie de ce peuple majoritaire qui méprise et rejette les Aka. Pourtant, il explique : « Quand je les ai rencontrés pour la première fois, j’ai été fasciné par leur culture et particulièrement par leur musique ! J’ai aussi été profondément choqué par les rapports difficiles qui les lient aux Bantous… Depuis ce jour, je me suis dit que je devais aider ce peuple. »

Aujourd’hui, Sorel côtoie les Aka depuis 26 ans et c’est par cette expérience qu’il est devenu ethnologue. Il lui aura fallu près de 6 ans pour gagner leur confiance, devenir l’un des leurs et avoir la chance d’ouvrir les portes de ce qu’il appelle « l’université de la forêt ». Les disciplines enseignées par cette école ? Botanique, zoologie, éthologie, chamanisme, artisanat, littérature orale, navigation forestière… Autant de connaissances que les Aka se transmettent depuis toujours grâce à l’écoute, l’observation et l’imitation. Sans oublier la musique bien sûr ! Les chants polyphoniques Aka sont une tradition musicale vocale complexe… « J’ai pu prendre conscience de toute sa quintessence et sa profondeur en l’analysant sur le terrain et aux côtés du professeur Simha Arom, indique Sorel. J’étais très ému la première fois car je n’avais jamais rien entendu de pareil ! L’utilisation du yodel et du contrepoint, différent de celui que l’on entend en Europe, les rendent vraiment uniques. » Le stage du 15 octobre sera donc l’occasion pour lui de présenter la culture Pygmée, d’expliquer l’organisation de son chant polyphonique ainsi que sa structuration cyclique. La journée permettra aussi de découvrir quelques instruments (l’arc musical notamment), la place de l’improvisation dans les textes ainsi que la stricte répartition des voix.

Par la publication de son livre, mais aussi par les stages et concerts de Ndima à travers le monde, Sorel s’est donné pour mission de faire découvrir cette culture et ses richesses, mais aussi de la défendre en informant sur la menace de disparition qui pèse sur elle. Au-delà de la musique, il transmet un message de bienveillance, de dialogue des cultures et d’harmonie. « La culture Pygmée n’est pas seulement le patrimoine de l’Afrique mais celui de l’humanité ! Il est nécessaire de la préserver et de la valoriser. » Accompagné par 5 pygmées du village de Kombola, Sorel Eta sera à Paris le 1er octobre pour présenter son livre, édité aux Presses Universitaires de France.

Le groupe Ndima se produira lors d’un concert public à la fin du stage le samedi 15 octobre à 19h00, dans l’auditorium du département de musique et musicologie de l’université de Tours.

Informations et inscription pour le stage « A la rencontre des chants des pygmées Aka » : https://www.cepravoi.fr/stages/a-la-rencontre-des-pygmees-aka/

Billetterie en ligne pour le concert de Ndima : https://my.weezevent.com/concert-du-groupe-ndima

Anaïs Andos

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