Le train vient d’Afrique du Sud

Une partition d’Astrid Vang-Pedersen, huit arrangements originaux de chants traditionnels sud-africains et une composition, en vente à la Sinfonie d’Orphée.

Entretien avec Astrid Vang-Pedersen

Cet ouvrage présente huit arrangements originaux de chants traditionnels sud-africains ainsi qu’une nouvelle composition chorale, Ubuntu, écrite dans le style typique de la tradition vocale sud-africaine. Ces huit œuvres sont toutes des chants historiquement associés à la riche culture vocale sud-africaine ; elles accompagnent la vie quotidienne, la longue lutte contre l’apartheid et la célébration de la nouvelle nation démocratique arc-en-ciel, dont les débuts seront marqués par l’élection présidentielle de Nelson Mandela en 1994. Ces chants ont vécu, et vivent encore, essentiellement à travers la tradition orale ; il en existe par conséquent de nombreuses versions, avec différents rythmes, langages, harmonies et chorégraphies.

« Il se passe quelque chose et vous écrivez une chanson sur ce thème »

La tradition vocale a ceci de particulier qu’elle apparaît, et évolue, à l’endroit et au moment où la vie se manifeste : « Il se passe quelque chose et vous écrivez une chanson sur ce thème », répondait un chanteur sud-africain, quand on le questionnait sur l’origine des chants traditionnels sud-africains. À titre personnel, mon intérêt pour la culture musicale sud-africaine a commencé lorsque je suis devenue membre du groupe vocal danois Papaya, un chœur spécialisé dans l’apprentissage, l’interprétation et la diffusion de chansons africaines, et plus spécifiquement sud-africaines. Je suis membre de cet ensemble depuis 2001 et j’ai été leur directrice artistique de 2009 à 2018. Je me suis rendue six fois en Afrique du Sud avec Papaya, et c’est au cours de ces voyages, ainsi qu’en travaillant avec le chœur, que j’ai acquis une solide connaissance des chants et de la culture sud-africaine. Nous avons là-bas de proches partenaires, à savoir le chœur de jeunes d’Alexandra, le chœur de jeunes Mzanzi ainsi que le chœur de jeunes Ndlovu et leur chef de chœur, Ralf Schmitt. Je suis très reconnaissante pour toute la musique que ces merveilleux chanteurs ont bien voulu partager avec nous et, par le biais de cette publication, je tenais à leur adresser un grand merci. Je voudrais également remercier chaleureusement Papaya pour m’avoir ouvert les yeux sur la beauté et la richesse de l’aventure musicale sud-africaine. Merci.

Soyons tous connectés en tant qu’êtres humains !

Les chants publiés dans ce recueil peuvent se diviser en quatre catégories. La première comporte des chants sur la vie quotidienne et les rituels : Umakoti, Iqhude, Wandibizwe Umngoma. La seconde catégorie regroupe des œuvres contre l’apartheid : Senzeni na, Thina Siswe et Shosholoza. La troisième s’axe autour de chants célébrant l’élection démocratique : Ibuyile I’Afrika et Nelson Mandela (Usilethela Uxolo). Enfin, la quatrième catégorie comporte uniquement le chant Ubuntu, un titre et une œuvre qui résument à eux-seuls la notion philosophique sud-africaine qui veut que nous soyons tous connectés en tant qu’êtres humains. J’ai composé ce chant dans un style vocal typique de la musique sud-africaine en hommage à cette tradition culturelle et aux personnes qui ont si généreusement partagé leur musique avec moi. J’adresse également de chaleureux remerciements à Céline Morel-Bringollet et Constance Couëtte du Cepravoi, ainsi qu’à Christophe Corp et La Sinfonie d’Orphée qui, ensemble, ont initié ce projet et permis la réalisation de cette publication.

Entre transmissions et arrangements : plus qu’une collaboration, une rencontre artistique puissante. 

Tous les arrangements présents dans cet ouvrage, excepté Ubuntu, ont été réalisés en se fondant sur la tradition orale puisque ces chants m’ont été transmis, ainsi qu’à Papaya, au cours d’ateliers en Afrique du Sud. J’ai contribué à ces arrangements par des ajouts personnels à partir de la tradition orale, parfois en collaboration avec d’autres personnes. Parmi ces ajouts et pour chaque arrangement, j’ai précisé quelles contributions étaient à mettre à mon crédit, tout comme les noms des co-créateurs pour les chants concernés. Comme je l’ai précédemment mentionné, la base de l’arrangement est attribuée à la tradition orale des chants sud-africains. Pour chaque chant, j’ai également rédigé des traductions pour indiquer le sens général ainsi que des recommandations pour effectuer les mouvements et les chorégraphies. Un grand merci à Concord Nkabin de pour la relecture des textes et la traduction des chansons. Tous ces paramètres se nourrissent du travail effectué par Papaya pour recueillir et approfondir le contenu de ces chants traditionnels sud-africains. Dans le cas où, par accident, j’aurais omis de mentionner quelqu’un, n’hésitez pas à me le faire savoir. Cette erreur sera réparée dans une éventuelle future réédition.

Commander la partition sur le site de la Sinfonie d’Orphée

En savoir plus sur Astrid

https://www.facebook.com/papayachoir/videos/1819252924788069/http://ubuntusong.com/

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