Rencontre avec Célia Pierre-Gay

Orthophoniste, chanteuse, professeur de chant, Célia Pierre-Gay explore la voix sous toutes ses coutures. Elle aime articuler plusieurs activités les unes avec les autres, rendre complémentaire la voix en tant que thérapeute, artiste et pédagogue. Elle laisse l’air circuler entre ses multiples approches de la voix, entre la musique actuelle et la musique classique, entre le son et sa production. Elle a animé un stage pour le CEPRAVOI à Blois et des ateliers au Festival de la Voix de Châteauroux en 2018. Elle animera un stage intitulé « Voix parlée, voix chantée, voix projetée » pour le CEPRAVOI, les 1er et 2 décembre 2018 à Orléans.

Comment passe-t-on du chant à l’orthophonie et vice-versa ?

Je suis arrivée à l’orthophonie par le travail vocal. L’étude du chant au Conservatoire de Nancy a attisé ma curiosité : je voulais comprendre le fonctionnement interne, les rouages de la voix, du geste vocal. Et lors de mes études d’orthophonie, le chant n’a jamais quitté mon esprit et faisait partie intégrante de mon activité.

Comment utilisez-vous le chant, la musique dans votre pratique de thérapeute ?

J’utilise beaucoup le rythme, les scansions, les accélérations. Que le patient soit chanteur ou pas, on a tous le même corps, le même instrument, la même soufflerie, les mêmes résonateurs. J’ai un piano dans mon cabinet et j’invite mes patients à s’ouvrir à la voix chantée, à libérer leur geste vocal. J’emmène au Conservatoire les étudiants en orthophonie que je prends en stage. Je tente de réunir deux univers si riches lorsqu’ils sont associés, si complémentaires et si utiles l’un à l’autre. Je suis aujourd’hui identifiée comme thérapeute de la voix. Je soigne des chanteurs et des professionnels de la voix parlée, enseignants, comédiens, orateurs en tout genre.

Quelles différences y a-t-il entre la voix lyrique et la voix dans les musiques actuelles ?

J’anime des formations en musiques actuelles pour l’INECC Lorraine. La technique de base et le fonctionnement sont les mêmes que dans le chant lyrique. Toutefois, les différentes esthétiques impliquent des utilisations différentes. D’une certaine manière, on peut dire que le beat box est très proche de certaines techniques utilisées en orthophonie, sur le travail de l’articulation. Vous voyez que tout s’enchevêtre et se complète dans ma façon de concevoir mes « différents métiers ».

Voix parlée, voix chantée, voix projetée, quels sont les ressorts du stage que vous allez animer pour le CEPRAVOI ?

D’abord, je veux rassurer les gens avec des choses concrètes. Expliquer comment ça fonctionne et analyser ce qu’il se passe quand ça ne fonctionne pas … et surtout, comment faire pour que ça marche ! Instrument interne, la voix est intimement liée aux représentations, impressions, sensations. Comment éviter d’entrer dans le trouble vocal ? Quelle attitude adopter lorsque notre voix nous fait défaut ? Je donne quelques éléments théoriques d’anatomie et de physiologie destinés à une meilleure compréhension du fonctionnement vocal, puis une mise en pratique via des exercices concrets et personnalisés visant l’appropriation d’un geste vocal optimal. Nous allons préparer le corps : je donne des trucs posturaux, en travaillant le souffle, le moteur de la voix, en proposant des jeux rythmiques, en se connectant avec le son.

En savoir plus sur le stage « Voix parlée, voix chantée, voix projetée » du CEPRAVOI les 1er et 2 décembre 2018 à Orléans

3 réponses à Rencontre avec Célia Pierre-Gay

  1. Legourd Anne-Joelle dit :

    Je travaille le chant chorale dans differents ensembles et le chant soliste avec differents professeurs qui me placent en soprano (soprano dramatique en lyrique) pour le lyrique et certains choeurs et en alto pour un repertoire contemporain… J’ai besoin de trouver des reperes et des reponses sur ma tessiture et le mieux adapte. Est-ce dans vos cordes ?

  2. Hervé Sophie dit :

    Un soprano dramatique est une voix d’une largeur et d’une puissance exceptionnelle, ex : Birgit Nilsson.
    Ne pas être à l’aise dans l’aigu ne signifie pas être voix grave et être à l’aise dans le grave ne signifie pas ne pas être une voix aiguë. En 30 années d’enseignement J’ai connu une seule soprano dramatique qui a choisi de défendre la tessiture de contre alto aujourd’hui, ce que je ne cautionne pas pour pourtant et cela malgré une certaine aisance illusoire. La voix que l’on a est plus sûre que celle que l’on voudrait avoir. Il faut se méfier des appellations soprano ceci ou cela. Lorsque la voix ne souffre pas et que le résultat sonore est beau on peut considérer que le répertoire choisi est bien servi, c’est la seule chose qui puisse avoir gain de cause.

  3. VAUTRIN dit :

    J’ai beaucoup apprécié vos prestations pendant le confinement. Merci beaucoup pour votre générosité.
    Petite question, comment faites-vous pour vous enregistrer, quel outil utilisez-vous ?
    Merci encore pour tout.
    Valérie Vautrin.

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